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Les élèves des écoles Emile André, Robert Catteau et Baron Steens
Ce lundi, onze pavés à la mémoire des victimes de la Shoah ont été inaugurés par le bourgmestre de Bruxelles Freddy
Thielemans. La ville de Bruxelles et l’Association pour la Mémoire de la Shoah veulent faire vivre le souvenir des déportés de l’occupation nazie en Belgique. Aujourd’hui, des plaques en laiton honorent leur mémoire sous les yeux émus des proches des victimes, mais aussi d’écoliers du primaire, venus écouter les paroles de celles et ceux qui connurent les rafles à Bruxelles. Et pour une fois, les petites têtes blondes ne pipent pas mot, trop absorbées par les paroles de Maurice Pioro. La voix tremblant légèrement (mais est-ce à cause de l’émotion ou du mégaphone utilisé pour se faire entendre ?) il raconte une partie de l’histoire de sa famille, de son histoire. Il le fait pour « qu’on n’oublie pas celles et ceux qui sont morts alors qu’ils vivaient ici, à Bruxelles ».
Des rafles en Belgique
Autre témoignage fort, celui de Pierre Mertens, ancien professeur de droit international et écrivain. Il a passé sa vie à dénoncer les crimes de guerre. Pendant la guerre, sa mère cachait des étrangers dans leur appartement à Ixelles. « Je ne comprenais pas pourquoi bien entendu, j’étais trop petit. Ce n’est qu’après quelques temps, en grandissant que je compris. Surtout qu’elle m’avait bien dit qu’il ne fallait jamais parler de ces gens avec les types de la Gestapo qui habitaient le même immeuble », nous confie-t-il. Mais le plus frappant, c’est sans doute lorsque sa grand-mère décéda : « à côté de son nom, il y avait une étoile de David. Elle était Juive, ma mère aussi et toutes les deux ne m’avaient rien dit » raconte-t-il, ému. « C’est pour ça que je me bats pour la mémoire et contre l’oubli. » Outre le devoir de mémoire collectif, l’objectif d’insérer des pavés un peu partout dans Bruxelles est aussi plus familier. « Il n’y a pas de tombes à Auschwitz. Même si les corps ne reposent pas en dessous des pavés, les morts auront néanmoins un lieu de mémoire intime », nous fait remarquer M. Picard.
Une volonté politique C’est également pour une reconnaissance plus large des victimes arrêtées sur le sol belge que se bat Viviane Teitelbaum, députée bruxelloise (MR). Elle-même fille d’enfant caché, elle salue la présence des politiques lors de ce genre de commémoration. « La présence du bourgmestre et de l’échevine Faouzia Hariche (ndlr : première échevine en charge de l’Instruction publique) signifie déjà que les pouvoirs publics s’intéressent à cette page sombre de notre histoire. Mais il y a encore des progrès à faire, en matière d’éducation notamment », nous confie-t-elle. A la fin des inaugurations, on se rend compte de l’importance de vivre dans une démocratie. Mais l’ancien professeur Pierre Mertens prévient : « La démocratie, c’est comme la mémoire, si on ne s’en sert pas, elle s’use… » Lire l'intervention de Viviane Teitelbaum ici |



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